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Carnet de bord d'un Penseur-Contempourien, Aventurier-du-Présent et Héros-du-Futur qui te donne des tas de trucs et d'astuces pour dans la vie!

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Philosophie de l'Aventure, personnages & pouvoir absolu

Chat violet à rayures (en voie de disparition)On a tous une mécanique interne, quelque chose qui nous pousse à réagir à notre environnement de telle ou telle manière. C’est une sorte de petite « philosophie personnelle », bien qu’elle ne soit pas conceptualisée par tout un chacun et que, dans certains cas, elle soit toute entière héritée de l’éducation… Mais elle est là, chez tout le monde. C’est elle qui pousse la plupart des personnes à dire que le caca c’est sale, et qu’il faut pas y mettre les doigts.


Je veux exposer ma philosophie personnelle ici pour plusieurs raisons :

 

- Parce que sa lecture permettra de mieux comprendre les articles de ce blog

- Parce que si je me décide (tardivement) à investir de mon temps dans la tenue d’un blog, c’est dans l’objectif de partager (c’est le thème de « l’aventure blog »)

- Parce que cette philosophie personnelle est ma favorite (sans quoi j’en adopterais une autre) et que je l’estime donc forcément digne d’être partagée


Il est probable que les traits de mon raisonnement se retrouvent chez d’autres penseurs, qui les auront plus exactement exprimés que je ne m’apprête à le faire ici. Mais on n’y perd pas à faire son propre cheminement intellectuel et, pour être moins précis, mes mots n’en seront pas forcément moins éloquents aux yeux d’un public qui ne lit pas forcément ce philosophe inconnu qui a déjà tout dit.


La philosophie de l’Aventure


Pour s’ouvrir à cette philosophie, il faut passer certaines étapes (volontairement ou par hasard).


1.La première étape consiste à nier l’objectivité du bien et du mal : ce qui est mal ici peut-être perçu comme bien ailleurs.


2.La deuxième étape consiste à tirer une conclusion du précédent constat : puisqu’il n’y a ni bien ni mal, tout ce que j’ai appris à reconnaître comme bon ou mauvais, ne l’a été que dans l’objectif de m’aider à survivre ou à m’adapter dans un certain milieu.


Une fois ces deux premières étapes franchies, on se retrouve avec le bagage suivant :

 

- Il n’y a pas de bien ni de mal tant que je me refuse à aborder la question sous cet angle là (la mort n’est donc pas un mal, la vie pas un bien).

- Tout ce que je connais n’a donc de valeur que celle que je suis prêt à lui donner.


Equipé comme cela, la vie ne présente plus d’intérêt particulier, pas plus que la mort en tous cas, à moins de prendre en compte le facteur occasion/temps, ce qui est une des clefs de cette philosophie : si la vie ne vaut pas plus que la mort, on sait néanmoins qu’elle a un début et une fin, tout aussi bien qu’on sait que la mort est inévitable. La vie vaut donc la peine d’être vécue, au titre de l’expérience.


Puisqu’il n’y a ni bien ni mal, il reste les faits. Les faits c’est l’action (au sens « d’agir »), c’est l’expérience (au sens de « nouvelle expérience » ou d’ « aventure »).

Si la vie n’est ni bonne ni mauvaise et que la mort non plus, on aborde le fait d’être vivant sous l’angle d’une occasion à prendre: on n’a qu’une vie, ça ne coute rien d’essayer de la vivre puisqu’on y perd rien à mourir plutôt tard que tôt.


Mettons que poser la question de savoir si la vie vaut la peine d’être vécu ait été une troisième étape, et la réponse à cette question (considérer la vie comme une expérience qu’il ne coute rien d’essayer) une quatrième.

La cinquième étape doit normalement nous reconduire à l’état primaire : celui dans lequel nous étions avant de découvrir l’absence de bien et de mal, en train de « vivre notre vie ».


Hélas/heureusement, ça n’est plus possible, ou partiellement : nous avons pris conscience de l’absence de bien et de mal et du fait que notre place sociale, le sens que nous donnions à notre vie, etc. n’étaient en fait que des subterfuges prodigués par la société dans le but de maintenir la cohésion (pour ne pas dire « asservir  l’esprit », dans la douceur ou dans la douleur) de ceux qui la composent.

Qu’on la chasse ou non, la conscience que tout ce qui nous entoure pourrait aussi bien être complètement différent reste tapis dans le coin de notre tête. On peut essayer d’enfouir cette conscience ou bien de la réveiller, c’est au choix et selon l’envergure des capacités psychologiques de chacun.


Néanmoins, une fois qu’on a fait cette démarche de vivre sa vie pour ce qu’elle est, c’est à dire une expérience (ou aventure), plutôt que la mort qu’on aura de toute façon l’occasion d’expérimenter plus tard, on va être confronté à de nouvelles occasions d’expérimenter, sans vraie raison de se refuser à ces nouvelles expériences puisqu’on n’est plus embarrassé de concepts tels que le bien et le mal.

C’est à dire qu’une fois passé les cinq premières étapes, il n’y a plus rien qui nous soit interdit par la morale, la conscience ou la peur.


Deux éléments mettent un bémol à ce postulat :


- Il est aussi difficile de faire abstraction du passage des cinq étapes en retournant à « l’état primaire » qu’il est difficile de faire abstraction des valeurs qui régissaient notre vie avant le passage des cinq étapes.

- Bien que mourir ne soit pas plus un mal qu’un bien, la vie revêt une certaine valeur du fait qu’elle ait une durée limitée. Ca reste intéressant d’essayer de la conserver.


Pour résumer la situation : un déclic basé sur la découverte de l’absence de bien et de mal nous convainc que la seule chose qui compte c’est l’action, l’expérience, c’est à dire l’aventure. La vie est la première grande aventure à saisir, il faut la préférer à la mort qui est une aventure à laquelle on sait déjà qu’on n’échappera pas. Une nouvelle question se pose quant à la manière de vivre sa vie désormais, puisque celle qu’on vivait jusqu’à présent n’a plus de fondements objectifs… Or, s ‘il est très difficile de changer radicalement de vie, il l’est aussi de reprendre le rôle d’un personnage dont on a brisé la coquille.


Nous voilà donc, passé les cinq étapes, revenus à l’état primaire qui est en fait, compte tenus des cinq étapes franchies, un état secondaire.

Dans cet état secondaire, beaucoup de choses n’échappent plus à notre perception. On a pu reprendre ses propres habitudes en n’ignorant pas qu’elles n’avaient pas de fondements objectifs, on n’en est pas moins devenu très critique au sujet de son propre comportement et du comportement des autres. Finalement, en ne cessant pas d’observer les choses et de se dire qu’elles pourraient être autres, on en vient à envisager la vie avec un grand manque de sérieux (d’ailleurs, le sérieux n’est il pas dépendant de l’idée du mal ?).


Voici un exemple concret :

Lundi matin, vous vous rendez à la fac de droit, vous croisez votre professeur dans le couloir, habillé en robe rouge, et l’homme illustre, récepteur de tout ce savoir que vous êtes venu acquérir par sa bouche vous adresse, ô joie, ô nirvana, un imperceptible mouvement du menton.


Dans la nuit de lundi à mardi, vous vous réveillez en sursaut : vous venez de réaliser que les kamikazes du onze septembre ont donné leur vie pour une cause qu’ils trouvaient juste et que les choses n’ont en fait de valeur que celle qu’on est prêt à leur donner… Mais comme vous ne savez pas bien où ça peut vous mener, vous vous rendormez et décidez de retourner à la fac le mardi matin bien que finalement ça n’ait plus aucune importance vu que la vie n’a pour objectif que d’être vécue, peu importe comment.


Mardi matin, vous croisez votre prof à nouveau dans les couloirs, il n’est plus un modèle, il n’est plus le sommet inaccessible d’une montagne faite de réussites financière et intellectuelle que ça n’aurait de toute façon aucun sens de gravir, il est juste quelqu’un qui fait la même expérience que vous, à savoir « vivre », et vous n’êtes même pas certain qu’il soit bien au courant.


A présent, tous les gens qui vous entourent sont devenus des personnages de fictions. Des gens qui, bon gré mal gré, ont décidé de jouer le rôle qui manquait à leur pièce de théâtre du quotidien. L’un aurait pu devenir prophète ou boulanger mais il est devenu professeur de droit, l’autre coureur cycliste ou poète, mais il est devenu chauffeur de taxi… Et vous-même, dans tout ça ?

Eh bien vous, vous avez découvert que vous étiez en fait sur scène et qu’ayant brisé la coquille de votre propre personnage, tous les rôles sont désormais à votre portée. Certains plus ou moins accessibles, certains abordables sous des angles restreints uniquement, mais tous accessibles, ça ne tient plus qu’à vous de les jouer, de saisir l’aventure que représente chaque interprétation d’un nouveau rôle.

Les aventures sont innombrables, elles sont richissimes, elles vont d’épouser une cause révolutionnaire à fonder une famille… Une aventure en est une tant qu’elle n’a pas été vécu deux fois. C’est la seule règle.

Vivre l’aventure qu’est la vie, en ayant conscience qu’il ne s’agit de rien de plus, mais en se refusant les plus petites aventures qui sont cachées en son sein n’a aucun sens à mes yeux : si je me contente de vivre ce dont je sais déjà que ça va m’arriver, à quoi bon le vivre ? Ce serait l’expérimenter deux fois. Ce ne serait pas cohérent.

Pour résumer: il faut saisir toutes les occasions qui passent, et embrasser l'aventure quand elle est à portée.


L'artifice de la création de personnages


Au plus je vis des aventures différentes, au plus j’incarne des personnages différents, soit que ces personnages naissent de l'expérience que m'aura apporté une aventure, soient qu'ils constituent un outil pour me permettre de m'y plonger. Parfois ces personnages ont pris suffisamment de consistance pour que j’ai pu leur donner un nom. Ils ont alors des traits distincts du socle que je constitue, même si la plupart des éléments se recoupent toujours et que, tous ces personnages fusionnés en un seul, forme celui que je suis constamment en train de devenir, avec cette valeur que je donne à la vie qui n’est pas autre que celle d’une aventure, comme une poupée russe, garnie d'autres aventures à saisir.


Le "pouvoir absolu"


C'est le nom que je donne au franchissement des cinq étapes (il en fallait un), une sorte de découverte qui permet de s'émanciper de tout sauf la mort. On peut essayer d'oublier ce pouvoir, mais c'est difficile, on peut aussi en abuser mais le fait est que l'esprit humain a besoin d'une certaine structure s'il ne veut pas sombrer dans la folie. Même si la folie n'est pas un mal en soi (comment pourrais-je dire le contraire à présent ?) reste que c'est une caractéristique qui peut nuire à l'aventure qu'est la vie... ou pas d'ailleurs, mais accéder à la folie n'est pas forcément un processus réversible, c'est une aventure que je ne tenterai donc que plus tard, s'il me reste du temps après avoir vécu toutes ces autres expériences qui me font davantage envie.

 

>> Lire les articles connexes à partir du SOMMAIRE

>> Lire le "Tableau simplifié: Evolution du philosophe de l'Aventure"

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Commenter cet article
P
<br /> <br /> Je trouve cet article (comme les autres) trèsintéressant.<br /> <br /> <br /> Surtout par le fait que j'ai (très) souvent tourné et retourné ces différentes pensées dans ma tête (bien et mal, expérence unique qu'est la vie, impression quelque fois "joué" genre truman show<br /> du fait qu'on est tous dans le meme moule mais qu'on est tous acteur du film du prochain qui croisera notre route, enfin, je m'éterniserai pas ce soir dessus.<br /> <br /> <br /> Juste, c'est très interessant de voir ces pensées mises à l'écrit et correctement rédigées et comment dire, répertorié ou classé ... qui change du fouilli de ma tête. et surtout vu du point de<br /> vue d'une autre personne, donc forcément légèrement différent.<br /> <br /> <br /> Bref, je t'encourage à continuer, c'est bénéfique pour moi de lire tes articles et comparer mes pensées, expériences, il est si rare de voir des blogs correctement rédigés et qui ne partent pas<br /> dans tous les sens.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Il est si rare de lire un commentaire qui ne dit pas que je pars dans tous les sens! XD<br /> <br /> <br /> Ceci dit, j'expérimente en ce moment, pour pouvoir rédiger sur la philosophie de l'aventure plus tard, un petit manuel ou truc du genre. Mais quelques éléments me posent soucis, comme le fait<br /> d'agir bénéfiquement ou non (alors que le bien absolu n'existe pas); l'absence de catégorisation prêchée par mon maître kung-fu (lire les articles sur la chine), et d'autres choses encore. Je<br /> détaille pas: je suis allongé dans une capsule à Tokyo. ++<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> (comme je me la pète)<br /> <br /> <br /> <br />
V
<br /> <br /> Bonsoir et félicitations d'avoir su éclaircir ce sujet qui m'est très familier également ^^ . <br /> <br /> <br /> Ce fameux 'pouvoir absolu' me permet de m'émanciper de tout, y compris la mort; reste à voir si l'instinct de survie est plus puissant que mon esprit, ce qui est fort probable.<br /> <br /> <br /> Bonne continuation.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> Bonne chance pour trouver un sens à ta vie maintenant! :)<br /> <br /> <br /> <br />
E
Bonjour Nabolo !J'ai été très intéressée par ton concept de philosophie de l'Aventure. J'avoue me sentir très proche de ce "mode de vie", mais n'avais jamais pris le temps d'en établir les fondements théoriques de manière structurée, ayant plutôt une philosophie composée de bric et de brocs.Je trouve le cheminement (les cinq étapes) menant au pouvoir absolu plutôt judicieux.Ce qui m'interpelle, c'est que tu n'intègres que très peu la religion dans ton concept, or il me semble qu'afin de parvenir à l'étape numéro une il faut être passé par une acceptation de la non-existence de la vie après la mort.Tu parles de la mort comme d'une aventure à connaître le plus tard possible, mais est-il réellement possible de s'investir - totalement : Si la mort est considérée comme une aventure supplémentaire et, qui plus est, éternelle, l'Aventurier peut-il s'engager corps et âme dans le cours laps de temps qu'est la vie en comparaison ?- sans crainte : Je doute qu'un individu nourrissant encore des doutes quant à l'existence potentielle d'une vie après la mort (quasiment toujours associée au concept de rétribution du bien/mal fait pendant la vie sur terre) prenne le risque de réfuter ces concepts durant sa vie terrestre. Ou alors c'est un gros parieur car il a, en toute objectivité, beaucoup plus à perdre qu'à gagner...J'ai encore d'autres questions à te poser, mais on va y aller point par point, sinon c'est bien trop fastidieux !!Erell 
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N
<br /> <br /> Salut Erell !<br /> <br /> <br /> J’ai un article en préparation intitulé « Spiritualité & Religion » ou un truc du genre, dont il va falloir que j’accouche tôt ou tard pour compléter l’équilibre des autres articles<br /> de cette section. En ce moment je n’ai pas trop la tête à philosopher mais plutôt à romancer car j’ai la hantise de devenir flemmard.<br /> <br /> <br /> Pour répondre à tes deux questions néanmoins…<br /> <br /> <br /> 1-      "Totalement ": je n’ai pas dit que la mort était une aventure éternelle. On ne sait pas sur quoi elle s’ouvre, peut-être sur rien. C’est une aventure comme peut<br /> l’être celle d’aller acheter son pain pour la première fois, parce que c’est quelque chose de nouveau. Mais on sait de source sûre qu’elle met fin à toute une flopée de possibilités d’aventures,<br /> celles qui nécessitent qu’on soit vivant. Partant de là, le philosophe de l’aventure, en toute logique, doit préférer la vie (plus riche en aventures) mais s’il préfère la mort c’est son choix.<br /> <br /> <br /> 2-      Sans crainte : dans ce commentaire tu pars du principe que la vie est un bien. Or ce n’est pas forcément le cas. Dans mon approche, la vie est juste une<br /> source certaine d’aventures… Par ailleurs, dans les autres articles je développe l’idée qu’il ne faut pas la mettre en danger, au risque de faire tarir cette source.<br /> <br /> <br /> J’espère que mes réponses répondent à tes questions que je ne suis pas certain d’avoir parfaitement comprises. Au pire j’ai cru comprendre que nous en parlerions très bientôt ? A tout à<br /> l’heure ;)<br /> <br /> <br /> <br />
L
Je te conseille vraiment la lecture de "l'homme révolté" d'Albert Camus. Je pense sincèrement que tu t'y retrouveras partiellement au moins, cela correspond pas mal à ce que j'ai pu lire ici. Bon courage dans la suite de tes projets. ;)Lyael. 
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N
<br /> Merci Lyael! Je me suis un peu interessé à Nietzche dernièrement, je vais ausi m'intéresser à ce que tu suggères.<br /> <br /> <br />
L
Tout ceci ressemble fort à la philosophie de l'Existencialisme prônée par Jean-Paul Sartre ou Albert Camus qui n'appellent pas celui qui vit l'Existencialisme un Aventurier mais un homme révolté. Une inspiration ou rien à voir ?  J'ai clairement l'impression de voir de nombreux points communs entre vos assertions et celles de nos écrivains du 20eme.
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N
<br /> Ce n'est pas une inspiration compte tenu de ma culture (très réduite) en ce qui concerne les auteurs du XXème (et des siècles précédents!) Je me suis renseigné sur l'Existencialisme après avoir lu<br /> votre commentaire et je ne m'y retrouve qu'en partie. Comme je l'ai précisé en introduction du premier de mes articles de cette rubrique je ne cherche pas spécialement à innover et il est très<br /> possible que mon approche ait déjà été mieux formulée par d'autres.<br /> <br /> En tous cas je fais en sorte que, dans la mesure où je l'exprime, la mienne soit accessible.<br /> <br /> <br />