Carnet de bord d'un Penseur-Contempourien, Aventurier-du-Présent et Héros-du-Futur qui te donne des tas de trucs et d'astuces pour dans la vie!
Voici une nouvelle d'une dizaine de chapitres que je souhaite intégrer dans un petit recueil qu'un ami se propose de m'aider à imprimer et à vendre de la main à la main, dans le métro par exemple. L'aventure promet d'être intéressante, dites-moi si le texte vous plait ! (lire le chapitre précédent) Chapitre 5
Au départ j’ai gardé ça pour moi. Comme par peur de les voir disparaître à nouveau si je révélais leur présence. Les pixels sont restés. Ils se sont agglutinés au point que j’aie devant moi un grand espace éclairé, avec des couleurs, plus ou moins floues. Ce qui me perturbait beaucoup, c’est que cet espace était toujours là. Je veux dire qu’il m’était impossible de le faire disparaître, même en fermant les yeux. Et il bougeait sans arrêt : lorsque je passais la journée allongé sur mon lit à attendre le retour de Sam’, les couleurs changeaient, tournaient et virevoltaient sans que j’y puisse rien.
Heureusement, le soir, pour je ne sais quelle raison, j’avais un répit et je parvenais à m’endormir après que nous ayons fait l’amour.
A force, bien sûr, j’ai fini par me confier à Sam’. Elle était toute excitée à l’idée que, peut-être, ma vue revenait. Elle m’encouragea à aller voir un médecin, mais je n’avais plus confiance. J’y allais tout de même, sur son insistance.
La séance fut une répétition de « Et là qu’est-ce que vous voyez ? » et de « Hmm hmm… » énigmatiques. Le médecin m’expliqua que, bien que j’aie vu des couleurs, elles ne correspondaient pas aux stimuli visuels qu’il avait provoqués… Qu’en fait, j’étais toujours aveugle, mais que c’était bizarre.
Quand je lui racontai mon entrevue, Sam’ dit que ce qui était bizarre, c’était le médecin. Elle m’emmena chez un autre médecin, de sa connaissance cette fois, et je passais les tests avec beaucoup plus de succès. Je compris pourquoi lorsque nous rentrâmes.
Contrairement à l’accoutumé Sam’ avait rejoint le lit avant moi. « J’éteins ! » avait-elle crié alors que je me rafraichissais, dans la salle de bain. Un voile noir s’était posé sur mes yeux.
- Rallume Sam’ ! avais-je à mon tour lancé aux hasard des échos du couloir.
- Pourquoi ?
- Rallume s’il te plait !