Carnet de bord d'un Penseur-Contempourien, Aventurier-du-Présent et Héros-du-Futur qui te donne des tas de trucs et d'astuces pour dans la vie!
Voici une nouvelle d'une dizaine de chapitres que je souhaite intégrer dans un petit recueil qu'un ami se propose de m'aider à imprimer et à vendre de la main à la main, dans le métro par exemple. L'aventure promet d'être intéressante, dites-moi si le texte vous plait ! (lire le chapitre précédent) Chapitre 6
Le phénomène tenait du surnaturel. Mais au fur et à mesure que les jours passaient, il ne faisait plus aucun doute.
Je voyais de mieux en mieux. Lorsque Sam’ était absente, ça avait tout du calvaire : marcher en voyant autre chose que ce qui est devant soi ! Mais lorsqu’elle était à mes côtés, lorsqu’elle me soutenait par le bras, c’était de nouveau comme avant. Nous regardions ensemble dans la même direction, je voyais ce qu’elle voyait, et surtout, je le voyais de la manière qu'elle le voyait.
Si nous regardions la télévision, son regard était ouvert, comme un grand bocal rempli d’eau qui n’aurait pas de fond. Les images y plongeaient puis disparaissaient une à une. Lorsque nous allions au parc, sous la chaleur de l’été, son regard se voilait d’une sorte de douceur rêveuse et sucrée. Si nous marchions dans la rue au contraire, j’avais l’impression d’assister à une séance de diapositives, image par image, des dangers à éviter ou des rues à emprunter.
Lorsqu’elle me regardait enfin, il y avait quelque chose d’indescriptible, une sorte de chaleur visuelle, déchirante et bienveillante à la fois qui enflammait le fond de sa pupille. Le décor disparaissait pour me laisser, seul, beaucoup plus aimable et beau que je ne l’ai jamais été dans mon souvenir. Si d’aventure elle ouvrait les yeux en m’embrassant, j’avais le sentiment de m’embrasser moi-même.