Carnet de bord d'un Penseur-Contempourien, Aventurier-du-Présent et Héros-du-Futur qui te donne des tas de trucs et d'astuces pour dans la vie!
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Zeurg grognait et aboyait ses ordres. Après qu’il eut renseigné Anyou quant à la direction qu’avaient prise les voleurs et fait passer l’ordre à la faune qu’on signale leur piste à travers la plaine, il avait réuni toute une escouade de kanigrous et l’avait conduite sur les traces de la « fille de Cheffe ». Au plus fort du combat, ces traces étaient devenues une explosion tonitruante. Zeurg et ses kanigrous s’étaient mis à couvert. Ils se précipitèrent en avant une fois le danger écarté.
En arrivant sur les lieux, Zeurg découvrit un gigantesque cratère au milieu duquel fumait une espèce de broche surmontée d’une rune rougeoyante. La broche était posée sur un matelas, fumant lui aussi, qui dégageait une forte odeur de renfermé, de sueur et d’urine. Zeurg se pinça la truffe, qu’il avait sensible, ramassa la clef et, battant des ailes, il prit de la hauteur en même temps que les kanigrous se dispersaient pour chercher Anyou. Il trouvèrent la petite fille, hébétée, couverte de blessures et de terre, à une centaine de mètres du lieu de l’explosion. Bien que Zeurg ne le leur ait pas demandé, les kanigrous, pensant bien faire, lui rapportèrent deux autres corps inanimés. Celui d’Anniki et de Barbra. Toutes deux étaient mal en point mais vivantes. Zeurg ne s’en préoccupa guère, son attention était pour Anyou.
« Vous m’entendez fille de Cheffe ? Fille de Cheffe ? »
Anyou n’entendait ni ne semblait voir. Elle ne réagissait à aucun stimulus. A l’est, un nouveau jour naissait. A l’ouest, les kanigrous signalèrent la venue d’un détachement bontarien. Alertés par les évènements récents, des « anges » venaient voir de quoi il retournait. Le détachement était de taille, conduit par Amayiro lui-même, qui jouissait d’une funèbre réputation au sein de la culture kanigrou. De sorte que, malgré ses imprécations, Zeurg ne parvint à en retenir aucun. Lui-même ne souhaitait pas rencontrer les Bontariens. Il savait déjà que les bêtes à cornes étaient malvenues chez eux.
Zeurg hésita à abandonner Anyou. Mais elle était des leurs à présent. Il glissa la broche dans la poche de la jeune fille et s’éloigna, jamais trop loin.