Carnet de bord d'un Penseur-Contempourien, Aventurier-du-Présent et Héros-du-Futur qui te donne des tas de trucs et d'astuces pour dans la vie!
Voici une nouvelle d'une dizaine de chapitres que je souhaite intégrer dans un petit recueil qu'un ami se propose de m'aider à imprimer et à vendre de la main à la main, dans le métro par exemple. L'aventure promet d'être intéressante, dites-moi si le texte vous plait ! (lire le chapitre précédent) Chapitre 3
Avec Sam’, nous avons entrepris de mettre à profit mon nouveau handicap. Il y avait plein de nouvelles choses à essayer. Comme la cuisine par exemple. Souvent, Sam’ venait cuisiner chez moi. Au début c’était pour rire : elle me passait des ingrédients en pouffant et refusait toujours de manger ce que j’avais préparé. Elle avait raison dans un sens : ça n’était pas très bon. Mais je m’évertuais à lui faire croire le contraire et nous finîmes par prendre goût aux saveurs extraordinaires qui sortaient de mes fourneaux, à en rechercher d’autres, à mélanger des mets qui, de prime abord, peuvent sembler difficiles à conjuguer… le camembert et le Nutella par exemple. Les gens ont trop de préjugés.
A ce propos d’ailleurs, moi qui ai toujours été un peu raciste (quoi que Sam’ prétendit le contraire) je l’étais beaucoup moins depuis que je n’y voyais plus. Sam’ ne se privait pas de me le faire remarquer, lorsqu’elle me décrivait ces gens avec qui nous sympathisions dans la rue et dont les origines, d’habitude, provoquaient chez moi la méfiance. Ca devenait de plus en plus ardu de se considérer comme raciste dans ces conditions. J’en conclus que je ne l’étais peut-être pas, ou plus.
Nous passions beaucoup de temps dans la rue. Moi plus encore que Sam’ qui, comme elle y voyait, continuait de travailler. Je travaillais aussi, à ma manière, en vendant un peu de bonne humeur aux gens. C’était une idée de Sam’ au départ. Elle m’avait planté à un carrefour avec ma canne blanche à pois noirs, une casserole à la main, GPS aux pieds (GPS c’est mon labrador) et, autour du cou, une pancarte qui disait sur une face « WAHOU ! Que vous êtes belle ! » et sur l’autre « Il faut voir la vie du bon côté ! ». Prise d’une véritable frénésie créative, Sam’ s’était jurée d’inventer un millier de slogans. En tous cas ceux-là finançaient nos expériences culinaires et me permettaient de passer du temps dehors, à parler avec les gens.