Carnet de bord d'un Penseur-Contempourien, Aventurier-du-Présent et Héros-du-Futur qui te donne des tas de trucs et d'astuces pour dans la vie!
Voici une nouvelle d'une dizaine de chapitres que je souhaite intégrer dans un petit recueil qu'un ami se propose de m'aider à imprimer et à vendre de la main à la main, dans le métro par exemple. L'aventure promet d'être intéressante, dites-moi si le texte vous plait ! (lire le chapitre précédent) Chapitre 2
Les derniers pixels ont disparu par groupe de plus en plus nombreux. De sorte qu’ils ont réussi à me prendre par surprise ce matin là, quand j’ai inutilement ouvert les yeux.
L’angoisse m’a assaillie… et bizarrement, comme il ne se passait rien de plus, elle est partie. J’avais souvent fait l’expérience lorsque j’y voyais encore : je fermais les yeux en m’imaginant ne plus jamais les rouvrir. Il y avait d’abord un sentiment de perte d’équilibre, de vulnérabilité, puis les autres sens prenaient le relais.
Il faut être positif, toujours : ça ne sert à rien de se morfondre sur des choses contre lesquelles on ne peut rien…
Alors c’est ça d’être aveugle ? ai-je pensé. C’était presque plus agréable que de voir à moitié. Je me suis levé, j’ai fait quelques pas en tâtonnant : je retrouvai mon chemin. Un premier succès ! Aussitôt j’appelai Sam’ pour le lui faire partager. Nous parlâmes longtemps. Elle était curieuse de savoir comment je me sentais. En un mot : guéri. Guéri et libre ! J’étais un « handicapé », je n’avais plus rien d’autre à faire que de m’occuper de moi. C’est étrange me suis-je dit : a quoi m’occupais-je donc avant ? A quoi s’occupent les autres ?
J’ai mis de la musique partout dans la maison, avec des parfums. J’ai commencé à apprendre le braye. La troisième étagère que je pris sur le coin de la figure me convainquit d’adopter un chien : un doux labrador qui ne changea strictement rien au problème des étagères mais en compagnie duquel je n’hésitais plus à me promener en ville.
J’avais une canne aussi, que Sam’ m’avait offerte. Une blanche lui avais-je demandé ? Oui m’avait-elle assuré, avec des pois noirs. C’était sans doute la vérité : Sam’ ne dramatisait jamais, et j’étais content qu’elle me poussât à suivre son exemple. Tout était tellement plus facile comme ça.