Carnet de bord d'un Penseur-Contempourien, Aventurier-du-Présent et Héros-du-Futur qui te donne des tas de trucs et d'astuces pour dans la vie!
Voici une nouvelle d'une dizaine de chapitres que je souhaite intégrer dans un petit recueil qu'un ami se propose de m'aider à imprimer et à vendre de la main à la main, dans le métro par exemple. L'aventure promet d'être intéressante, dites-moi si le texte vous plait ! (lire le chapitre précédent) Chapitre 3ème
La théorie de Paul fut jugée fantaisiste. Je le sais parce qu’il m’écrivit des îles Canaries pour me le dire. C’était la première fois que nous reprenions contact et je réalisais que Paul m’avait maintenu au premier rang de son amitié, faute d’avoir consacré suffisamment de temps à ses relations sociales, sans doute. En fait je crois que Paul n’avait personne d’autre à qui se confier, qu’il m’écrivait comme il aurait tenu un journal de bord. Reste que sa lettre piqua ma curiosité.
Paul reconnaissait que la thèse présentée à la Sorbonne avait son lot de postulats. C’était toujours le même problème : il lui fallait des preuves. Si vraiment les pirates étaient des idéalistes politiques qui ne pouvaient se déclarer comme tels compte tenu de la nature de leur idéal, Paul espérait trouver l’expression de leurs idéaux ailleurs, dans leur art par exemple.
Oui, vous comprenez, l’art permet de véhiculer toutes sortes de choses : des sentiments aux idées. La démarche de Paul était pleine de bon sens même si c’est probablement un réflexe de base, en archéologie, que d’explorer chaque piste… Mais je me perds. L’archéologie et l’histoire, ça n’a jamais été mon truc en fin de compte.
Paul n’était pas aux Canaries pour prendre des vacances comme je l’aurais fait à sa place, mais pour étudier une collection de portraits de pirates. La valeur de cette collection était jugée médiocre par les spécialistes. Aucune des peintures n’était de main de maître, la plupart des pirates représentés n’avaient pas connus la gloire et l’ensemble était plutôt mal conservé. Pourtant Paul était fébrile en évoquant sa trouvaille. Quelques temps plus tard je l’avais au bout du fil.